Trucs et Astuces

CAP Pâtissier en candidat libre – Les épreuves

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Si vous n’avez pas suivi mes aventures pour préparer le CAP pâtissier en candidat libre, je vous invite à lire mon article CAP Pâtissier en candidat libre – La préparation. Dans ce nouvel article, je vous raconte la dernière ligne droite, les épreuves, mon ressenti et surtout je vous dévoile le résultat !

Les dernières révisions

1 mois et demi avant mon passage j’ai reçu ma convocation, et là je savais que je ne pouvais plus faire marche arrière mais surtout qu’il fallait mettre les bouchées doubles pour les révisions. Mes dates de passage étaient étalées sur deux semaines. J’ai alors posé des congés pour me reposer et réviser tranquillement. J’ai commencé par me reposer un peu trop et prendre beaucoup de retard sur mes révisions des écrits. Au final en faisant les annales des années précédentes je me suis rassurée et je me dis que ça va le faire.

Je pensais mettre les bouchées doubles sur la pratique et refaire un max d’entraînements en une semaine. Mais j’ai préféré dormir et ne pas m’épuiser physiquement et mentalement en ratant des préparations. J’ai refait les indispensables, ceux que je n’avais jamais vraiment fait et tout c’est bien passé alors je me suis arrêtée là. Puis un peu d’ordonnancement sur les sujets des années passées pour m’entraîner. Et enfin, j’ai repris les fiches techniques de sujets un peu compliqués pour réciter dans ma tête les étapes de fabrication. Cette technique est vraiment utile si on maîtrise les gestes mais qu’on a peur d’oublier comment réaliser les préparations. L’heure fatidique a sonné et c’est le moment de se lancer dans le bain des épreuves.

 

 

Les écrits

Vu que j’ai déjà un baccalauréat, je suis dispensée des matières générales. Il me reste donc à passer la PSE (Prévention, Santé et Environnement), l’EP1 (Approvisionnement et gestion des stockes dans l’environnement professionnel de la pâtisserie) et bien sûr la pratique.

La PSE est une épreuve d’une heure pendant laquelle nous avons un texte qui décrit une situation dangereuse. Puis des questions sont posées sur ce texte. Plusieurs des réponses sont déjà soulignées dans le texte. Il y a aussi quelques questions de cours mais c’est quand même beaucoup de bon sens. Au bout de 30 minutes j’avais fini, écrit des phrases digne d’une littéraire et relu 10 fois. L’épreuve EP1 dure 2h, c’est un peu plus théorique. Il y a trois parties distinctes et il faut tout de même maîtriser le cours pour répondre. Il n’y a aucun piège dans les questions et rien d’insurmontable quand on connaît le cours, ce qui n’était pas forcément mon cas.

 

 

 

Le jour J

Vient ensuite la fameuse épreuve de pratique. Cette épreuve c’est tout un mythe à elle seule. Durant les quelques mois de préparation, je me suis renseignée sur son déroulé. J’ai lu tout et son contraire. Mais au final je pense que chacun a sa propre expérience en fonction du lieu, du sujet et du jury. Personnellement j’avais pu visiter le laboratoire deux fois et rencontrer les profs avant l’épreuve.

Les locaux sont super, propres, fonctionnels, un vrai rêve. Les sessions sont spécialement pour les candidats libres, pas d’apprentis du lycée avec nous. Chaque candidat a un grand plan de travail en marbre avec dessus un robot, deux feux au gaz, une plonge et en dessous deux portes de froid positif et deux échelles. On a à disposition une cellule de refroidissement, une chambre de pousse, un four ventilé pré-réglé à 180°C et un four à sole pré-réglé à 200°C. Les matières premières sont regroupées au centre du labo pour que l’accès soit facilité pour tout le monde. Petit comble, j’ai le rouleau de papier à usage unique et la poubelle juste derrière moi.

 

 

 

Le sujet

J’arrive bien en avance et j’ai donc le temps de me changer, de m’installer tranquillement, sortir et ranger mon matériel, et d’échanger avec les profs présents sur le fonctionnement du matériel. On ouvre les sujets et c’est parti :

    • Un entremet framboise-chocolat (je ne suis pas fan de l’association mais c’est une ganache et pas une mousse, ouf !);
    • Une tarte noisette framboises (décidément ça en fait des framboises ! Une tarte garnie comme je le voulais, top !);
    • Des choux à la chantilly (c’est toujours mieux que les religieuses et au moins pas de fondant, génial !);
    • Des roulés pistache-chocolat (bon je n’en mangerai pas mais quel bonheur de ne pas tomber sur des croissants, je respire !).

Un début d’épreuve compliqué

30 minutes pour réaliser l’ordonnancement avec un sujet qui comporte une erreur. J’avais bien remarqué que c’était bizarre de cuire à blanc un fond de tarte qu’on allait garnir de crème de noisettes et de ne pas cuire cette dernière. Bref, bonne élève disciplinée que je suis je fais comme indiqué sur le sujet en me disant que j’en ferai certainement qu’à ma tête plus tard. Ils ramassent les ordonnancements et nous annoncent qu’il y a bien une erreur. Bon ça chamboule mon planning mais je devrais survivre.

Le début de l’épreuve est assez chaotique. Il est compliqué de prendre ses marques. Je commence par confondre la farine avec le sucre glace. Je m’en rend compte avant la fin des pesés donc je peux corriger facilement. Le candidat face à moi a à peu près le même âge mais gère très mal le stress. J’absorbe tout son stress et panique pour lui alors que les choses se passent relativement sans encombre pour moi. Je suis du genre à vouloir aider quelqu’un en difficulté. Le voir recommencer encore et encore sa pâte sucrée me fait de la peine. Il m’est difficile de me concentrer sur mes taches.  

Et une fin sur le fil

Au bout de 4h30 d’épreuve c’est enfin la pause. 30 minutes pour avaler un sandwich et se donner un coup de fouet. Je suis épuisée, j’ai mal au dos et aux pieds, j’ai l’impression que je ne vais jamais m’en sortir et que je suis beaucoup trop en retard. Je reprends mes esprits et je fonce au retour de la pause. Il me reste 2h pour cuire mes roulés, glacer et garnir mes choux, glacer et décorer mon entremet. Je bâcle la déco de l’entremet car il ne reste que 10 minutes. En plus je tremble comme une feuille devant un jury qui me fixe avec insistance.

Le gong sonne. C’est terminé.

On sort du labo pendant que le jury délibère et quand on y retourne pour nettoyer, tout a disparu. Ils nous disent qu’ils les vendent à la boutique annexe du lycée. Mais c’est peut-être parti à la poubelle vu qu’on est vendredi.

Bilan

Je suis plutôt fière d’avoir tenu bon et de ne pas avoir perdu mon sang froid. J’ai gardé le contrôle de moi-même malgré le stress et pour ça je suis très contente ! J’ai eu très mal aux pieds et d’énormes courbatures pendant deux jours. C’est quand même très physique.

Ce qui m’a fait tenir bon toute la journée : sans aucun doute le bon petit-déjeuner que j’ai pris 1h avant l’épreuve. Le sandwich que j’ai mangé pendant la pause aussi. Ça fait un bien fou de manger du salé à ce moment de l’épreuve parce que le sucré, même pas en rêve. Mes semelles orthopédiques et mes chaussures de sécurité de qualité. Même si j’ai eu très mal au pied, je pense que sans mes semelles je n’aurais pas pu finir l’épreuve.

Les jours qui suivent il se passe quoi ? Déjà en sortant de l’épreuve je ne réalise pas, c’était juste un jour parmi tant d’autres. Pour moi, passer la journée à pâtisser devrait être mon quotidien tellement j’aime ça. Le soir, je commence à me demander ce que j’allais bien pouvoir faire le lendemain. Fini le programme de révisions alors je pâtisse quoi ? Je ne sais pas. Après un peu de repos, mon cerveau est en ébullition et repense à cette journée sans cesse. Je me réveille en sursaut la nuit en me disant “Mais non il ne fallait pas faire comme ça”. Plus le temps passe et plus je me dis que ça va être compliqué de l’avoir. Malheureusement je ne suis pas sûre d’avoir le courage de recommencer une année comme celle-là.

 

Le résultat

Le jour des résultats est très stressant, je refait le fil de ma journée sans cesse. Quelques heures avant l’annonce j’actualise déjà la page toutes les 15 minutes « au cas où les résultats tombent avant ». Pendant les 10 dernières minutes j’actualise toutes les 30 secondes. Impossible de me concentrer sur mon travail à ce moment. Le 9 juillet 2019 à 9h58, les résultats tombent et je suis admise. Quel soulagement ! Je dois dire que je ne suis pas peu fière d’avoir réalisé cela toute seule dans ma petite cuisine.

Mais tu vas en faire quoi de ce CAP ? Et bien pour le moment rien de bien concret mais j’ai plusieurs rêves dans la tête que j’aimerai accomplir. Ce qui est sûr c’est qu’un jour je vivrai de ma passion. Il n’est jamais trop tôt ni trop tard pour réaliser un rêve. Lancez-vous sans vous poser de questions et la suite suivra.

You can do it 🙂

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4 commentaires

  • Jackie

    Ah oui, un grand bravo pour ta ténacité. Recommencer des études lorsque l’on travaille déjà cela demande beaucoup de courage et le CAP pâtisserie n’a pas l’air facile! Mais tu as raison il n’est jamais trop tard pour réaliser ses rêves. Et si tu écris un livre de recettes, préviens-nous 🙂
    Bises.

    • Manon

      Merci beaucoup Jackie !
      C’était beaucoup de stress et de moments difficiles mais je ne retiens que le positif : la progression et le résultat 🙂
      Bien sûr que vous serez au courant de tous mes futurs projets sur le blog 😉
      A bientôt pour de nouvelles recettes par ici !

  • PAT

    Bravo Bravo et encore Bravo !!! J ai beaucoup aimé ton résumé sur ton aventure !! Le jour où tu n as plus envie de patisser écris un livre ! 😉 Je te souhaite le meilleur et hâte de connaître tes prochaines aventures !

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